mercredi 28 juillet 2010

Quand les conservateurs laissent tomber les minorités

Décidément, l’été 2010 aura été celui où le gouvernement Harper aura déterré la hache de guerre contre les minorités. Quelques jours après que le ministre de l’Industrie, Tony Clement, eut annoncé son intention d’abolir le caractère obligatoire de la version longue du recensement, deux autres ministres conservateurs ont affirmé vouloir de leur côté abolir les politiques d’équité en emploi dans la fonction publique fédérale.

Ces deux mesures destructrices sont complémentaires. En retirant l’obligation de remplir la version longue, laquelle comprend une foule de questions touchant les conditions de vie des personnes vivant en situation de minorité, on prive les fonctionnaires, les responsables d’organismes oeuvrant auprès des immigrants, des femmes, des autochtones et des personnes handicapées, les chercheurs en sciences sociales et les intervenants, de données scientifiquement et statistiquement valides et représentatives. C’est ce qui a poussé le statisticien en chef de Statistique Canada, Monsieur Munir Sheikh, à remettre sa démission. Comment cela touche-t-il aux minorités ? Tout simplement parce que les catégories de personnes qui sont les plus susceptibles de ne pas remplir la version longue si elle n’est pas obligatoire seront précisément les personnes faisant partie des groupes minoritaires discriminés. Les personnes qui oeuvrent auprès de ces groupes auront ainsi moins d’informations pour comprendre ce qui bloque leur pleine participation à la société et il sera beaucoup plus difficile de mettre en place des politiques adaptées à leur réalité.

Parmi ces politiques se trouvent celles liées à l’équité en emploi. Or il se trouve que les conservateurs, par le truchement des ministres responsables de la fonction publique et de l’immigration, ont décidé de mettre la hache dans ces politiques également, et ce pour aucune raison valable.

Force est de constater que pour certains, cela représente une belle initiative des conservateurs. C’est le cas de Mathieu Bock-Côté, qui affirmait dans une chronique que la discrimination positive qu’on associe à tort ou à raison à l’équité en emploi était un scandale. Je me contenterai ici de ne citer qu’un passage particulièrement représentatif d’une certaine tendance : « Un mot d’abord sur la vision de la société des partisans de la discrimination positive. Selon eux, la société occidentale serait un système d’exclusion raciste et sexiste. Une ‘majorité blanche’ exercerait son hégémonie sur les grandes institutions et les ‘minorités’ seraient ghettoïsées, marginalisées. » Par cette seule phrase, il cherche à discréditer tous ceux et celles qui travaillent jour après jour à améliorer le sort de millions de personnes en situation minoritaire.

Une telle enflure des mots a pour effet de masquer la réalité qu’ils sont censés désigner.

La réalité est que les politiques d’accès à égalité ont pour objectif de compenser les effets d’une discrimination structurelle et statistiquement prouvée, qui s'accumule toute une vie et qui commence dès le choix d'un médecin de famille par la femme somalienne enceinte, qui se poursuit lors de la recherche d'un logement par la famille d’Africains ou d'Arabes, et qui continue lors du choix de la garderie, qui prend la forme du profilage racial, qui se concrétise dans des conditions de travail exécrables vécues par les aides familiales philippines, à travers les problèmes de quartiers, la prévalence de drogues et l'omniprésence de la criminalité, les gangs de rue, les prisons où sont surreprésentés les Noirs et les universités où les minorités visibles et les autochtones sont sous-représentés, par les plafonds de verre qui bloquent l’accès des femmes aux postes de pouvoir et qui limitent leur salaire, qui s’incarne dans le racisme déguisé lors des entrevues d’embauches, dans la non reconnaissance des diplômes quand on a eu le malheur de faire sa médecine ou son droit dans université étrangère qui n’est pas de la Ivy League. La discrimination existe et c’est elle qu’il faut combattre. Les politiques d’accès à égalité sont une des nombreuses mesures, imparfaites certes, qui existent pour lutter contre ce problème de société.

Il y a tout un monde de différence entre une société volontairement et ouvertement raciste, ce que le Québec n’est pas, et une société où les discriminations existent implicitement en s’insérant de façon suffisamment fréquente dans les interactions pour que des groupes entiers soient systématiquement désavantagés. Seules la malhonnêteté intellectuelle ou l’ambition politique peuvent empêcher de voir que la société québécoise et canadienne est exempte de ce triste phénomène.

L’utilisation accrue de la stratégie politique et rhétorique bassement populiste qui consiste à mobiliser le réflexe de défensive que nous avons tous lorsqu’on se fait accuser de racisme est extrêmement préoccupante. Plutôt que de nier la réalité de la discrimination structurelle vécue par les minorités, les intellectuels et les gouvernements qui se soucient vraiment des gens et de la vérité devraient plutôt chercher à la comprendre, à la documenter et à la combattre. Malheureusement pour nous tous, les Stockwell Day, les Jason Kenny et les Mathieu Bock-Côté de ce monde n’en ont cure.

Et Monsieur-et-madame-tout-le-monde là-dedans ? J’aime croire que les ‘gens ordinaires’ ont le désir de vivre dans une société solidaire, plutôt que dans une société où chacun, y compris les personnes appartenant à des groupes discriminés, est laissé à soi-même. La tendance conservatrice à voir dans les ‘gens ordinaires’ des individus qui ne se soucient que d’eux-mêmes est simplement indigne de ce à quoi nous pourrions tous aspirer.

La blanche majorité mérite mieux que de servir de prétexte politique pour attaquer les minorités.

mardi 13 juillet 2010

Le G20, les ouvriers chinois et nous

Coin Spadina et Queen, Toronto

Alors qu’une vague de suicides fait des ravages parmi les ouvriers chinois, alors que dans le golfe du Mexique une catastrophe écologique d’une ampleur inégalée et causée par l’activité humaine menace l’un des écosystèmes les plus fragiles de la planète et tandis que l’humanité entière se remet de peine et de misère de la plus grave récession depuis les années 30, récession causée par les spéculateurs et l’irresponsabilité du monde financier, on ne devrait pas s’étonner que des gens descendent dans la rue pour manifester leur opposition, leur doute, leur crainte et leur colère face aux dirigeants de la planète.

Face à cette diversité de problèmes causés par une mondialisation si mal encadrée, on ne devrait pas s’étonner qu’une foule également diversifiée de manifestants aux opinions hétéroclites et aux revendications parfois incompatibles entre elles ne se bouscule, et ne nous bouscule par le fait même, pour hurler son mécontentement.

Or, en décidant de tenir les sommets du G20 et du G8 à Toronto, Stephen Harper s’est assuré qu’aucun message critique légitime ne transpercerait le double mur qu’il a lui-même érigé entre les manifestants et les dirigeants du monde, d’une part, et entre les manifestants et les citoyens canadiens, d’autre part.

Alors qu’il aurait pu être une occasion de discussion, de débat et d’écoute autour de préoccupations légitimes touchant tant les Canadiens que les citoyens de pays moins riches et moins démocratiques, le sommet de Toronto a permis à un conservatisme bien de chez nous, Made in Canada/Fabriqué au Canada, de s’affirmer et de se galvaniser tant à travers les démonstrations de force de nos forces policières et de nos services de sécurité qu’à travers l’atteinte d’un consensus politique réactionnaire pour le statut quo.

Ce conservatisme canadien nouvellement assumé s’est notamment manifesté médiatiquement par l’attention accordée aux casseurs, amateurs et professionnels. En donnant les clés de la ville aux casseurs et aux extrémistes, Stephen Harper leur a donné par le fait même la une des journaux, privant ainsi des manifestants très majoritairement pacifiques mais désorganisés d’une opportunité de passer leur message et d’ouvrir, qui sait, un débat sur la manière dont la mondialisation devrait s’effectuer. À travers ce silence imposé par le brouhaha et les bruits assourdissant des vitres cassées, c’est la voix de ceux et celles qui sont les plus durement touchés par la mondialisation qu’on a bâillonnée. Un vrai leader se serait soucié de chercher à écouter, pas de faire taire et d’emprisonner.

La mondialisation pourrait être une source de progrès, un mot qu’on semble avoir banni de notre vocabulaire politique, mais perd tout son sens si des manifestants pacifiques se retrouvent entre quatre murs pour avoir eu la malchance de s’être trouvés sur le chemin de policiers « qui ne font que leur travail » ou quand, à l’autre bout du monde, des travailleurs s’enlèvent la vie parce qu’ils trouvent leurs conditions de travail insupportables. Quand vient le temps de réfléchir aux liens entre la croissance du PIB mondial et notre capacité à vivre une vie libre et épanouie, il y a au moins de la place pour un débat. Malheureusement pour les Canadiens et les ouvriers chinois, rien n’est plus étranger à Stephan Harper.

mardi 15 juin 2010

Lettre à la communauté internationale pour contrer la propagande du Bloc

Comme vous le savez sans doute, les citoyens canadiens vivant au Québec bénéficient d’un ensemble de droits et d’un niveau de vie qui ont peu d’égal dans le monde. Or, un mouvement visant la séparation du Québec du Canada continue de souhaiter de mettre en péril ces acquis en préparant le terrain pour un troisième référendum.

Le désir de conserver leurs droits a en effet poussé des millions de Québécoises et de Québécois à se prononcer à deux reprises contre l’idée de la séparation du reste du Canada. J’aimerais attirer votre attention sur quelques faits qui vont à l’encontre de quelques mythes qui sont transmis par le mouvement séparatiste au Québec, incarné politiquement au niveau provincial par le Parti Québécois et au niveau fédéral par le Bloc Québécois. Vous serez ainsi en mesure d’informer les décideurs de votre pays lorsqu’ils seront appelés à se prononcer sur la pertinence ou la désirabilité des prochaines démarches référendaires par le gouvernement québécois.

Le statut constitutionnel du Québec au sein de la fédération canadienne fait l’objet d’un débat constant depuis de nombreuses années. Après que la population québécoise eût refusé la séparation du Québec, lors d’un premier référendum en 1980 mis de l’avant par le gouvernement provincial du Parti Québécois, le gouvernement canadien, dirigé lui aussi par un Québécois, Pierre Elliot Trudeau, a décidé de renforcir la souveraineté de tous les Canadiens en rapatriant, en 1982, la constitution du pays à Ottawa, la capitale du Canada. En plus des textes constitutionnels déjà existants, le premier ministre libéral de l’époque a également offert aux Canadiens une Charte des droits et libertés, dont le but est de protéger les droits des citoyens contre les actions, les politiques et les lois des gouvernements fédéral et provinciaux. Depuis ce temps, dans peu de pays les droits et libertés des personnes sont aussi bien protégés qu’au Canada.

Or, lors des négociations entre le gouvernement fédéral et les dix gouvernements provinciaux en vue du rapatriement de la constitution, le gouvernement séparatiste du Parti Québécois, dirigé par René Lévesque, a refusé de signer l’entente qui donnait une constitution et une Charte des droits et libertés aux citoyens canadiens vivant au Québec. Depuis ce refus, le statut constitutionnel du Québec est dans une zone grise et fait l’objet de tractations politiques qui n’en finissent plus. Encore aujourd’hui, il ne suffirait que d’une signature par le premier ministre du Québec pour régler le statut constitutionnel du Québec au sein du Canada. Mais tous les gouvernements québécois se sont refusés à le faire, tout simplement parce qu’ils estiment qu’ils perdraient en le signant un important levier de négociation pour l’obtention de pouvoirs supplémentaires vis-à-vis du gouvernement fédéral.

C’est suite à l’échec d’une de ces tractations, connue sous le nom des Accords du Lac Meech, qu’est né en 1990, il y a maintenant 20 ans, le premier parti politique de l’histoire du parlement canadien voué à la séparation du Québec, le Bloc Québécois. Depuis ses premiers jours, le Bloc Québécois utilise l’échec de cet accord qui a mené sa création pour alimenter un sentiment nationaliste qui présente les Québécois comme des victimes du rejet par le reste du Canada. Toutefois, rien n’est plus faux. En effet, pour être accepté, l’accord devait obtenir les signatures des 10 provinces de la fédération canadienne. Or, seules deux provinces refusèrent de signer l’entente, représentant moins de 10% de la population canadienne vivant à l’extérieur du Québec. Voyant que l’accord ne passerait pas, le gouvernement québécois décida lui aussi de ne pas le signer. Percevant et présentant cet ‘échec’ comme une gifle envers le Québec, une poignée de députés québécois au parlement canadien décidèrent de quitter le Parti progressiste conservateur sous la bannière duquel ils s’étaient fait élire et de fonder le Bloc Québécois, poussés par une flambée de sentiments nationalistes telle que le Québec en avait peu connu jusqu’alors.

C’est dans cette atmosphère fortement nourrie de nationalisme que les Québécois ont élu en 1994 avec 44% des votes, le Parti Québécois, dont la création en 1970 avait mené au premier référendum. Or, dans sa plateforme électorale, le Parti Québécois s’était engagé à tenir un second référendum sur la souveraineté du Québec. Ce référendum fut tenu octobre 1995.

Aux côtés du Parti Québécois, plus d’une cinquantaine de députés fédéraux du Bloc Québécois firent campagne pour le camp du ‘Oui’, démontrant toute la tolérance de la culture politique canadienne. Après une campagne extrêmement intense, mais dénuée de toute violence, le résultat fut très serré, le « oui » obtenant 49,4 % des voix. Le taux de participation fut très élevé, alors que 93,5 % des électeurs se sont présentés aux urnes.

Un résultat aussi serré en faveur du oui aurait pu avoir des conséquences désastreuses pour les Québécois, tant au plan économique, que politique et social. En effet, bien que les Québécois d’origine canadienne-française ont voté ‘Oui’ avec une majorité de 60%, il en fut tout autrement pour les Anglo-Québécois et les Québécois nés à l’étranger, qui votèrent ‘Non’ avec une majorité écrasante, faisant dire au chef du Parti Québécois, Jacques Parizeau, le soir du référendum : « C'est vrai, c'est vrai qu'on a été battus, au fond, par quoi ? Par l'argent puis des votes ethniques, essentiellement. Alors ça veut dire que la prochaine fois, au lieu d'être 60 ou 61 % à voter OUI on sera 63 ou 64 % et ça suffira. » Ainsi, de l’aveu même du chef des forces du Oui, il n’y avait pas qu’une catégorie de Québécois, mais bien deux : les Québécois de souche et les ‘Autres’. Ces paroles devinrent la preuve que le projet référendaire était essentiellement un projet par et pour la majorité canadienne-française dans lequel les Anglophones et les immigrants ne se reconnaissaient pas et qui n’était pas fait pour eux. Cela ne fit que renforcer leur conviction, et la conviction de plusieurs Québécois francophones, que le Parti Québécois et le Bloc Québécois n’auraient jamais la capacité de représenter l’ensemble des Québécois.

Face à ce résultat serré, le gouvernement canadien dirigé par le Parti libéral de Jean Chrétien décida de défendre les intérêts des Canadiens vivant au Québec en cas d’un troisième référendum en déposant la Loi sur la clarté suite à un avis de la Cour suprême du Canada l’invitant à agir en ce sens. En effet, selon cet avis, les Québécois ne constituent pas un peuple opprimé par le gouvernement Canadien. En conséquence le gouvernement du Québec ne possède pas, selon le droit international, le droit de procéder unilatéralement à la séparation du Québec du Canada. Faisant suite à cet avis, la Loi sur la clarté stipule que le gouvernement canadien aura l’obligation de négocier avec un gouvernement provincial en cas de victoire référendaire si une majorité claire répond ‘oui’ à une question claire. Même une telle exigence minimale, fondée sur le bon sens et le droit international, représente une calamité pour le Bloc Québécois, qui y voit une ingérence indue du gouvernement canadien.

À l’origine et d’après les souhaits de son fondateur, Lucien Bouchard, la présence du Bloc Québécois à Ottawa ne devait être que temporaire. Or, misant sur une rhétorique nationaliste et populiste, cette formation politique réussit depuis 20 ans à séduire un nombre suffisant d’électeurs pour envoyer un nombre important de députés au Parlement canadien. Pour se faire élire, le Bloc Québécois se pose lui-même comme le défenseur des intérêts du Québec et des valeurs québécoises devant un gouvernement canadien supposément hostile. Rien n’est plus faux, rien n’est plus contraire à la réalité. Le Bloc Québécois, comme le Parti Québécois, son pendant provincial, travaille nuit et jour contre les intérêts d’une majorité de Québécois et de Québécoises qui ont voté contre la séparation du Québec du reste du Canada à deux reprises. Sondage après sondage, l’appui des Québécois à la souveraineté/séparation se situe bien en dessous des 50%. Aujourd’hui, lorsqu’on leur pose la question : « Est-ce que le Québec devrait être un pays séparé du Canada », moins de 35% des Québécois répondent « Oui ». En militant pour la séparation du Québec, le Bloc Québécois ne défend pas les intérêts des anglophones du Québec, dont il n’a jamais défendu les droits, ni des Québécois nés à l’extérieur du pays, ni pour les Québécois francophones qui ont un attachement pour le Canada.

De plus, bien que le Parti Québécois et le Bloc Québécois aient tous deux appuyé la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, ces deux partis refusent de prendre ces droits au sérieux lorsque vient le temps de respecter la volonté des Autochtones vivant au Québec de demeurer au sein du Canada, volonté qui s’est exprimée lors du dernier référendum par une majorité écrasante en faveur du ‘Non’.


Le Bloc Québécois met à profit sa position sur la scène fédérale pour alimenter le ressentiment des Québécois envers le Canada en espérant ainsi créer des ‘conditions gagnantes’ pour la tenue d’un prochain référendum. En utilisant les moyens que donne à ses députés le système parlementaire fédéral, cette formation a de plus intensifié ses activités de promotion de la souveraineté au Québec, mais aussi au Canada et dans le monde. C’est ainsi que récemment, le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, a utilisé sa position de chef d’un parti politique fédéral et les armoiries de la Chambre des communes à Ottawa pour faire la promotion de la souveraineté du Québec auprès de 1600 personnalités, chefs d’état, parlementaires, journalistes, leaders syndicaux de tous les pays.

Avec votre aide, nous pouvons faire contrepoids à cette entreprise de désinformation de la communauté internationale vouée à la destruction du Canada tel que nous le connaissons : faites-vous porte-parole, auprès des décideurs de votre pays, de l’existence d’une majorité de canadiens vivant au Québec et qui souhaitent de tout cœur que le Québec demeure au sein du Canada.

Pour en savoir plus sur cette démarche, vous pouvez rejoindre le groupe Facebook "Contre la propagande internationale du Bloc / Against Bloc Foreign Propaganda"

Philippe Allard
Candidat du Parti libéral du Canada
Laurier-Sainte-Marie, Montréal(QC), Canada

dimanche 6 juin 2010

Les 24 heures libérales du métro Beaudry

Les 24 heures libérales du métro Beaudry

Coin Beaudry et Ste-Catherine
Du vendredi 11 juin à 16h au samedi 12 juin à 16h

Le Candidat du Parti libéral du Canada dans Laurier-Sainte-Marie, Philippe Allard, rencontrera les résidents et visiteurs du comté à l’occasion d’une séance-marathon de discussions et d’échange qui débutera le vendredi 11 juin à 16h et qui se terminera 24 heures plus tard, soit le samedi 12 juin à 16h.

Venez en grand nombre discuter des enjeux qui vous préoccupent avec le candidat et les autres libéraux et résidents du comté qui se joindront tout au long de ces 24 heures.

Que vous soyez résidents du comté ou sympathisants et militants libéraux, venez faire votre tour à toute heure pour montrer votre soutien au candidat libéral dans Laurier-Ste-Marie.

C’est un rendez-vous à l’entrée de la station de métro Beaudry (Ligne verte), coin Beaudry et Sainte-Catherine, à Montréal !


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Corner of Beaudry and St.Catherine
From Friday June 11, 4pm to Saturday June 12, 4pm

Liberal candidate in the federal riding of Laurier-Ste-Marie, Philippe Allard, will meet with residents and visitors of the riding during a marathon-session of discussions and exchanges that will start Friday June 11 at 4pm and that will end 24 hours later on Saturday June 12, at 4 pm.

Come to discuss issues that concern you with the candidate and other liberals who will join us during these 24 hours, at the Beaudry metro station (Green line), on the corner of Beaudry and Ste-Catherine.

Liberal members or sympathizers, come and show your support for the liberal Candidate for the riding of Laurier-Ste-Marie !

samedi 5 juin 2010

La culture de l'interdit

Malgré la présence d’une Charte des droits qui est censée garantir nos droits et libertés individuelles, nous vivons bel et bien dans une société qui aime interdire.

Ainsi, on interdit à soi-même et aux autres d’envoyer ses enfants à l’école de son choix. On penche pour l’interdiction du port du voile aux femmes dans l’espace public. On veut interdire aux femmes d'avoir plein contrôle sur leur corps en cherchant à rouvrir le débat sur l'avortement.

Et on considère comme criminelle la culture, la possession, la vente et la consommation des drogues douces comme la marijuana par et pour des adultes consentants.

La société, par le biais de l’État, va jusqu’à criminaliser des choix que les personnes font pour elles-mêmes, même quand ces choix ne limitent en rien la liberté et la sécurité d’autrui.

J’ai la nette impression que malgré tous les prétextes invoqués pour justifier l’interdiction et la censure sous toutes ses formes (sécurité publique ou nationale, le ‘droit’ du fœtus, la dignité de la femme, santé publique, etc.), la principale raison qui pousse à bannir, à interdire, à limiter les choix vient de la conviction largement répandue chez une certaine partie de la population que leur mode de vie est plus moral que celui des autres. Que leur conception de ce qu’est une vie ‘bonne’ est meilleure, plus vertueuse, que celle des autres. Cette tendance à l’interdiction se traduit par une volonté de maintenir de façon intégrale et pure un mode de vie actuellement valorisé par une majorité (pureté linguistique, éthique, religieuse, culturelle, sanitaire, sécuritaire, etc.) dans un temps et dans un lieu précis.

Chaque citoyen devrait se sentir préoccupé par cette tendance qui n’a rien de naturelle, qui est socialement construite, mais qu’on rencontre si fréquemment, au point que les plus libéraux parmi nous y succombons à l’occasion. Pourtant, aucun d’entre nous ne peut garantir que ses choix personnels ne feront un jour l’objet d’une interdiction, parce que ceux-ci viendront à l’encontre de la majorité morale du moment.

Les sondages rapportent fréquemment qu’une majorité des Canadiens sont en faveur de la légalisation de la marijuana; et on sait qu’une majorité de citoyens ont déjà consommé du pot au moins une fois dans leur vie. Or, cela est en porte-à-faux avec la loi. Ainsi, une bonne partie de la population posséderait aujourd’hui un casier judiciaire si l’État avait ou avait eu les moyens et les effectifs pour faire appliquer la loi dans son intégralité ou selon une interprétation stricte. Les Canadiens qui font usage de la mari (pour en consommer, il faut bien en posséder !) vivent aujourd’hui dans une marge, dans un flou légal, et cette zone grise dans la loi limite à elle-seule la liberté des individus. Et la solution, pour dissiper ce flou, n'est certainement pas la radicalisation conservatrice contre les usagers.

L’État devrait protéger les droits des personnes à vivre leur vie comme ils l’entendent dans le respect des droits des autres. Pour ce faire, il doit cesser d'alimenter la culture de l’interdit.

samedi 15 mai 2010

Politiciens, science et crise de confiance

Pour le bien de la démocratie, les politiciens doivent s’intéresser davantage à la science. Pourquoi ? Je vois trois raisons à cela.

Premièrement, les scientifiques et les chercheurs de tous les domaines produisent des nouvelles connaissances dont les politiciens devraient s’inspirer pour légiférer et mettre en place des politiques publiques. Le cadre législatif et réglementaire serait plus solide s’il était ancré dans des études, des recherches menées de façon rationnelle et désintéressée. Les ‘attendus que’ de chaque projet de loi devraient faire davantage mention de résultats de recherches justifiant le dépôt du projet. Entre autre, les gouvernements doivent prêter oreille à ce que les chercheurs de leurs propres ministères leur disent à travers les nombreux rapports et études qui y sont produits. Le citoyen n’a au bout du compte aucun intérêt à ce que soient oubliés sur des tablettes des rapports de recherche rédigés par des chercheurs travaillant pour la fonction publique. Ce type de pratique constitue un gaspillage éhonté d’argent et de connaissance et nuit à la démocratie.

Deuxièmement, il suffit d’ouvrir les journaux pour comprendre à quel point la science et la politique sont plus que jamais liées l’une à l’autre. Des changements climatiques aux pandémies, de la listériose aux accommodements raisonnables, des catastrophes naturelles aux catastrophes financières : autant d’enjeux qui exigent la possession de notions scientifiques de la part de ceux qui prennent des décisions. Le rôle du politicien est de prendre les meilleures décisions possibles pour la gouverne du pays, mais à travers ce rôle, celui de communicateurs est essentiel. De façon croissante, avec la complexité grandissante des enjeux auxquels les gouvernements doivent s’attaquer, les politiciens doivent être de véritables communicateurs scientifiques, capables de vulgariser, c’est-à-dire de dire avec des mots simples des notions souvent complexes, pour expliquer aux citoyens à la fois la nature des problèmes et les décisions qui sont prises pour les régler.

Enfin, en s’inspirant davantage des scientifiques et de leur travail, les politiciens contribueraient à coup sûr à mettre fin à la crise de confiance qui secouent nos institutions démocratiques. Car si, sondage après sondage, les politiciens se retrouvent au bas de l’échelle quant à la confiance qu’ils suscitent auprès des citoyens, c’est tout le contraire pour ce qui est des scientifiques et les chercheurs, qui jouissent d’un grand respect de la part du public. La transparence, la critique vis-à-vis de soi-même, et l’attitude désintéressée de la pratique scientifique ne sont certainement pas étrangères au respect qu’on voue aux scientifiques. Cette crise de confiance est le plus grand danger que vivent actuellement nos institutions démocratiques. Nous avons tous intérêts comme citoyens à ce que les politiciens s’inspirent des scientifiques.

Au-delà de notre économie, la société du savoir doit prendre racine dans le monde politique. Les politiciens n’ont pas besoin d’un doctorat en science pour bien servir les citoyens : il suffit qu’ils soient sensibilisés à l’importance de la science et de la recherche. Ils doivent comprendre qu’il est de leur responsabilité de défendre la science.

jeudi 6 mai 2010

Les logements accessibles et abordables : pas une priorité pour le Bloc

J’ai pris aujourd'hui connaissance d’un communiqué du candidat du Parti libéral du Canada dans Hochelaga, Robert David, qui y dénonce l’alliance du Bloc avec les Conservateurs contre le projet de loi 304 intitulé Loi sur le logement sûr, adéquat, accessible et abordable. Lorsque vient le temps de voter pour des projets progressistes, le Bloc prend ses jambes à son cou et laisse tomber les groupes communautaires pourtant en faveur du projet ! Le projet de loi visait notamment la création d’« une stratégie nationale relative à l’habitation ». Le Bloc québécois ne bloque pas uniquement l’accès des Québécois à leur gouvernement; ils bloquent aussi toute tentative de mettre sur pied des politiques progressistes dont pourraient bénéficier tous les Canadiens, sous le douteux prétexte qu’il s’agit de politique nationale, donc pan-canadienne. Je suis étonné que le Bloc n'ait pas revendiqué l’échec de ce projet de loi comme une de leur fameuse victoire !

Une fois de plus, le Bloc démontre toute son inutilité au parlement canadien, voire sa nuisance contre les Québécois eux-mêmes qui auraient pu bénéficier grandement d'une telle politique nationale du logement.

Ce projet, qui était pourtant une initiative du député néo-démocrates, a été appuyée par les libéraux. Bravo à Robert David pour avoir dévoilé les réels intérêts du Bloc.

Je recopie le communiqué de Robert David in extenso.

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Le Bloc vote avec les conservateurs contre une stratégie nationale du logement


Montréal – Grande déception chez les groupes communautaires devant la défaite en troisième et dernière lecture de la loi C-304 – Loi visant à assurer aux Canadiens un logement sûr, adéquat, accessible et abordable – lorsque le Bloc québécois à voter avec les conservateurs contre ce projet de loi mercredi dernier (le 5 mai).

«C’est la législation la plus importante en matière de politique sociale sur laquelle le Parlement se penchera cette session, dit Leilani Farha, directrice générale du Centre pour les droits à l’égalité au logement… Cette stratégie pourrait être un moyen efficace pour lutter contre l’itinérance et assurer un logement convenable à tous deux des pas en avant pour mettre en œuvre les droits fondamentaux au Canada.»

Le candidat du Parti libéral du Canada dans le comté d’Hochelaga lors des prochaines élections fédérales en a par ailleurs rajouté. «Même si le président a retiré un amendement du Bloc, appuyé par le Comité permanent de la Chambre des communes (HUMA), les groupes québécois souhaitaient ardemment que cette loi soit adoptée et les fonds octroyés. Le Bloc n’aurait jamais dû voter contre. Voilà deux ans de travail perdu et aucune garantie que le gouvernement du Québec ne prendra la relève. Quel gâchis,» a déclaré monsieur Robert David.

D’après le Front d’action populaire en réaménagement urbain, le projet de loi C-304 exigeait que la stratégie en matière de logement comprenne de l’aide financière pour ceux qui ne peuvent se loger convenablement et doit fixer des objectifs et des échéanciers pour mettre fin à l’itinérance. En conformité avec les recommandations de l’Organisation des Nations Unies pour le Canada, la stratégie comprenait également un processus de surveillance indépendant des progrès accomplis et une procédure de plainte pour traiter des violations possibles du droit à un logement convenable.

«Nous sommes déçus de la décision du Président de retirer un amendement du Bloc qui offrait au Québec le choix de renoncer à une stratégie nationale,» a dit Véronique Laflamme du FRAPRU. « Nous souhaitons néanmoins que le projet de loi C-304 soit adopté, car il permettrait de renforcer la reconnaissance du droit au logement au Canada. S’il est adopté, nous nous efforcerons de veiller à ce que le Québec puisse utiliser les avantages qui découleront de la stratégie nationale en matière de logement dans le cadre de ses propres programmes de logement social et dans le respect de sa juridiction.»

De renchérir le candidat libéral, «Le plus décevant dans tout ça c’est que des milliers de sans-abri et de gens qui ont besoin d’un logement abordable et de qualité dans Hochelaga-Maisonneuve vont payer le prix d’une bataille de juridiction, sans pour autant voir le Québec gagner cette bataille ou mettre en place une stratégie et un budget équivalents. Le gouvernement fédéral a un rôle à jouer pour assurer le respect des droits fondamentaux de ses citoyens et citoyennes, y compris leurs droits sociaux, quitte à revoir l’administration des programmes par la suite, au besoin. L’essentiel est d’aider les gens dans le besoin dès maintenant et le logement social est la priorité du plus grand nombre de personnes dans notre comté», a conclut monsieur David.

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